French poem
Xxxiii. [P. 17]
Item, laisse le Mortier d'or A Jehan l'Espicier, de la Garde, Et une potence à Sainct-Mor, Pour faire ung broyer à moustarde, Et celluy qui feit l'avant-garde, Pour faire sur moy griefz exploitz, De par moy sainct Anthoine l'arde! Je ne lui lairray autre laiz.
XXXIV.
Item, je laisse à Mairebeuf Et à Nicolas de Louvieulx, A chascun l'escaille d'un oeuf, Plaine de frans et d'escus vieulx, Quant au concierge de Gouvieulx, Pierre Ronseville, je ordonne, Pour luy donner encore mieulx, Escus telz que prince les donne.
XXXV.
Finalement, en escrivant, Ce soir, seullet, estant en bonne, Dictant ces laiz et descripvant, Je ouyz la cloche de Sorbonne, Qui tousjours à neuf heures sonne Le Salut que l'Ange prédit; Cy suspendy et cy mis bonne, Pour pryer comme le cueur dit.
XXXVI.
Cela fait, je me entre-oubliai, Non pas par force de vin boire, Mon esperit comme lié; Lors je senty dame Mémoire Rescondre et mectre en son aulmoire Ses espèces collaterales, Oppinative faulce et voire, Et autres intellectualles.
XXXVII.
Et mesmement l'extimative, Par quoy prospérité nous vient; Similative, formative, Desquelz souvent il advient Que, par l'art trouvé, hom devient Fol et lunaticque par moys: Je l'ay leu, et bien m'en souvient, En Aristote aucunes fois.
XXXVIII.
Doncques le sensif s'esveilla Et esvertua fantasie, Qui tous argeutis resveilla, Et tint souveraine partie, En souppirant, comme amortie, Par oppression d'oubliance, Qui en moy s'estoit espartie Pour montrer des sens l'alliance.
XXXIX.
Puis, mon sens qui fut à repos Et l'entendement desveillé, Je cuide finer mon propos; Mais mon encre estoit gelé, Et mon cierge estoit souflé. De feu je n'eusse pu finer. Si m'endormy, tout enmouflé, Et ne peuz autrement finer.