Versos French Frédéric Mistral Xxvii

French poem

Xxvii

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Des points de vue nouveaux qui l'environnent, de l'admirable vallée, des éboulis, des rocs à pic aux ravines profondes, des vieux châteaux emmantelés de gloire et de la volupté de l'air si lumineux Guilhem a le coeur ivre et chez le prince l'élancement d'amour ne tarde point à naître. --«Mais je la verrai bien, se dit-il à part lui, la dive dont le charme ou la beauté farouche semble papilloter sur tout le Rhône! l'Anglore, cette vierge, cette jeune inconnue dont tout le monde parle et rêve, cette perle des grèves qui scintille à l'imagination comme aux regards de tous et qui, sais-je pourquoi? sans l'avoir vue, à moi aussi me danse par la tête!»-- L'eau étincelle et rit; les poules d'eau, les hirondelles, planant de l'aile, rasent l'onde fuyante au gai soleil qui tourne; et d'un moulin pendu sur barque quelquefois le meunier, ou les pêcheurs tirant leurs filets à bascule, à tour de bras de loin en loin saluent. Mais dans le sang des vieux comme des jeunes la chaude après-midi met la paresse. Or voilà Saint-Vallier et ses terrasses: apparition illustre, en haut miroite Diane de Poitiers, l'ensorceleuse du roi François Premier, la grande duchesse de ce Valentinois que Drôme baigne, la comtesse d'Étoile clarissime qui enjôla d'amour la cour de France. Mais Diane est morte, en arrière elle fuit dans le mouvant tableau de ce qui passe autour des nefs qui vont comme des alcyons; et aujourd'hui, l'Anglore, la petite dont les pieds nus foulent l'arène molle, l'Anglore en son nouveau, elle est la vie, l'avenir en vedette, l'illusion de ceux-là qui s'en vont au fil de l'onde!