Versos French Gabriel Vicaire En Bretagne

French poem

En Bretagne

by (1848–1900)

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C’est vrai, j’ai filé comme Hercule Aux pieds d’Omphale, la jolie ; Je fus servant de sa folie ; On m’a trouvé bien ridicule.

Mon cœur au hasard s’envola, Sanglant, sur l’abîme fleuri. J’ai reposé mon front meurtri Sur les seins durs de Dalila.

Mais la Bretagne, rude et franche, M’accueille au bord de sa feuillée. Mon enfance s’est réveillée An son des cloches du dimanche.

En ce doux et charmant décor On peut aimer sans en mourir, Les ajoncs viennent de fleurir ; Toutes les routes sont en or.

Et l’oiseau chante, chante, chante Son chant breton qui s’évertue. En ce grand calme, elle s’est tue, La vie imbécile et méchante.

Adieu, mon immense rancœur ! Plus rien de laid, plus rien d’amer. Le bleu céleste de la mer, Tout le bleu tendre est dans mon cœur.