French poem
Paysage bressan
by Gabriel Vicaire (1848–1900)
Il est charmant ce paysage, Peu compliqué, mais que veux-tu ? Ce n’est qu’une mer de feuillage Où, timide, à peine surnage Un tout petit clocher pointu.
Au premier plan, toujours tranquille, La Saône reluit au matin. Par instants de l’herbe immobile Un bœuf se détache et profile Ses cornes sur le ciel lointain.
Vis-à-vis, gardant ses ouailles, Le nez penché sur un tricot, Tandis qu’au loin chantent les cailles, Une vieille compte ses mailles, Rouge comme un coquelicot.
Et moi, distrait à ma fenêtre, Je regarde et n’ose parler. A quoi je pense ? A rien peut-être. Je regarde les vaches paître Et la rivière s’écouler.