Versos French Gabriel Vicaire Sonnets

French poem

Sonnets

by (1848–1900)

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Ô délectable Ami Ponchon, Vois ce cruchon : De l’or potable !

On est à table, Dans ce bouchon, Comme un cochon Dans son étable.

Un autre rôt, Un autre pot ; Je bois, j’enfourne.

Mon Dieu, merci ! La terre tourne, Je tourne aussi. Être homme de guerre Et grand avocat, Dire à tous : raca, C’est bon pour Laguerre.

Quel homme vulgaire ! Boire du muscat Est plus délicat Et ne coûte guère.

Un coup de vin vieux Nous rend tout joyeux : Vidons la feuillette.

Chut ! Deux jolis yeux Valent encor mieux : Baisons la fillette. Aimez-vous beaucoup La littérature ? Moi, de la lecture J’en ai jusqu’au cou.

Que dit le coucou ? Amour et friture. Assez d’écriture ; Il faut boire un coup.

Le soleil se mouille Et va dans l’étang Finir en Gribouille.

Au bouchon, pourtant, Avec une andouille, Margot nous attend. Hélas ! plus de foie Ni de pied farci ! Par bonheur voici Qu’on apporte l’oie.

Tiens, mon nez rougeoie Et le tien aussi. Buvons sans souci, Et vive la joie !

Ô divin moment ! Un mot seulement Au cruchon de fine.

Et, digue, din, don ! Partons, Joséphine, Pour le rigodon.