Versos French Georges Rodenbach 00 (TOI qui vis dans les hôpitaux…)

French poem

00 (TOI qui vis dans les hôpitaux…)

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TOI qui vis dans les hôpitaux À voir les défauts qu’on encoffre, Ces anciens vers, je te les offre, Très anciens vers sentimentaux.

Ce sont les toilettes fanées D’un premier amour décédé Que mon souvenir a gardé Tristement depuis des années.

Oh ! combien de rêves pareils Cherchant l’infini dans la femme, Ont, dans l’hôpital de mon Âme, Commencé d’éternels sommeils.

Combien, à la lueur jaunie De ma jeunesse qui s’éteint, De malades que nul ne plaint Et ne veille en leur agonie :

Espoirs conçus, succès rêvés, Tous mes beaux songes héroïques Vont mourir fiévreux ou phtisiques Ou gisent là, les yeux crevés !

Amours menteurs de la jeunesse, Trahisons des meilleurs amis, Côte à côte je les ai mis Dans les lits blancs de ma tristesse.

Et pour ranimer leur langueur Seule ton amitié m’assiste, Sœur de charité pâle et triste Au noir hôpital de mon cœur !