Versos French Georges Rodenbach Iii

French poem

Iii

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Silence de la chambre assoupie et gagnée Par de l’ombre qui tend ses toiles d’araignée Dans les angles, obscurs les premiers, où l’essor Des rêves va finir son vol de mouches d’or! Silence où toute l’âme assombrie est encline A se sentir de plus en plus comme orpheline, Toute seule parmi le soir endolori A revoir son passé comme un tombeau fleuri.

Et le songeur muet resonge à son enfance Qui s’écoule et qui fond dans cet obscur silence Dont le vague se mêle à son plus vague ennui. D’entre dans du noir et du noir entre en lui Et la sensation lui vient, douce et suprême, De changer peu à peu tout en restant lui-même.

Douceur de ce silence et de ne plus savoir S’analyser et d’être à ce point qu’on croit voir Des fils d’ombre dans la chambre de sa mémoire Descendre et se confondre en une tache noire Comme la toile d’une araignée où l’essor Des songes va finir son vol de mouches d’or. Et tout s’éteint! Plus de rêve qui se dévide! Douceur! penser du vague et regarder du vide!