Versos French Georges Rodenbach Ix

French poem

Ix

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Dimanche, c’était jour de lentes promenades Par des quais endormis, de vastes esplanades, Au long d’un mur d’hospice, au long d’un canal mort Où le brouillard, à peine une heure, se dissipe...

Dimanche, ah! quel silence! Et l’âme qui se fripe A tout ce petit vent acidulé du nord! Silence du dimanche autour du Séminaire Et silence surtout Place de l’Évêché Où divaguait parfois le bruit endimanché D’une cloche très vieille et valétudinaire.

Des Béguines, au loin, passaient, hâtant le pas, Gardant l’émoi sur leurs faces anémiées D’avoir le matin même été communiées, Heureuses, et disant des chapelets tout bas, Tout en s’en revenant des Vêpres terminées.

Et la cloche perdue entre les cheminées Se dépêchait, béguine elle-même, vivant Dans sa tour, comme les autres dans leur couvent. Sœur tourière du ciel en des guimpes fanées, Semant un bruit de clés au fond de l’air transi Où, béquillant un peu sous l’amas des années, Elle faisait sa ronde, en robe noire aussi...

Or, depuis lors, la cloche est celle qui chemine; Et toujours le dimanche est un jour où j’entends Une cloche au-dessus de mon âme, béguine Ponctuelle, aux accès de toux intermittents, Qui m’avertit du ciel et que la messe est dite Et m’égoutte ses sons comme de l’eau bénite...