French poem
L’Oubli
Hélas ! est-il donc vrai que les tendresses vagues Qu’attisent les concerts et les bals élégants Nous passent sur le cœur comme ces ouragans Que, dès la nuit suivante, ont oubliés les vagues ?
Et qu’on peut s’arracher du cœur comme des dagues Ces amours que bientôt on trouve extravagants ; Et que, changeant d’amours comme on change de gants, On va porter ailleurs des bouquets et des bagues ?…
Est-il vrai qu’en dépit des serments les plus beaux L’oubli vienne aux amours comme l’herbe aux tombeaux, Et qu’au bord de la mer les cœurs soient si volages ?
C’est en vain qu’on s’épuise en regrets superflus ! Ces amours sont pour nous comme ces coquillages Ternis quand l’air marin ne les avive plus !…