French poem
Les Oies
by Gustave Le Vavasseur (1819–1896)
Gravement, à la file, elles vont au pâtis, Le jabot consterné, lourdes, mais empressées ; D’un rêve d’herbe tendre elles semblent bercées Et pétrissent la fange à pas appesantis.
Elles ont le bec rude et de grands appétits ; Il semble que, parfois, au fond de leurs pensées Revient le souvenir de leurs gloires passées. Ah ! si le Capitole avait fait des petits !
Elles causent sans cesse entre elles, les commères. Se font-elles encor de nouvelles chimères ? Parlent-elles toujours des grandeurs d’autrefois ?
Elles battent de l’aile en se faisant des signes… Je ne comprends pas bien leur langue, mais je crois Qu’elles passent leur vie à médire des cygnes.