Versos French Guy de Maupassant Iii

French poem

Iii

by (1850–1893)

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Quand le feu prend soudain dans un village, on voit L'incendie égrener, ainsi qu'une semence, Ses flammes à travers le pays; chaque toit S'allume à son voisin comme une torche immense, Et l'horizon entier flamboie. Un feu d'amour Qui ravageait les cœurs, brûlait les corps, et, comme L'incendie, emportait sa flamme d'homme en homme, Eut bientôt embrasé le pays d'alentour. Par les chemins des bois, par les ravines creuses, Où la poussait, le soir, un instinct hasardeux, Son pied semblait tracer des routes amoureuses, Et ses amants luttaient sitôt qu'ils étaient deux. Elle s'abandonnait sans résistance, née Pour cette œuvre charnelle, et le jour ou la nuit, Sans jamais un soupir de bonheur ou d'ennui, Acceptait leurs baisers comme une destinée. Quiconque avait suivi de la bouche ou des yeux Tous les sentiers perdus de son corps merveilleux, Cueillant ce fruit d'ivresse éternelle que sème La Beauté dans ces flancs de déesse qu'elle aime, Gardait au fond du cœur un long frémissement Et, grelottant d'amour comme on tremble de fièvre, Il la cherchait sans cesse avec acharnement, Laissant tomber des mots éperdus de sa lèvre.