French poem
Ève et Satan
by Henri Cantel (1825–1870)
Raphaël nous a peint, dans sa fresque sublime, Le Démon, sur l’arbre où la femme se suspend, Avec la tête d’Ève et le corps d’un serpent : De loin, le tentateur ressemble à la victime.
Sous le voile charmant de ce mythe caché, Déjà sourit le Mal, cette fleur de la terre, Qui rappelle à nos cœurs, sous son symbole austère, Le pouvoir de la queue, et le premier péché.
Ève accepta le fruit de Satan ; et la pomme, Coupée en deux, forma, femme, tes seins, où l’homme Boit le vin du remords, s’enivre et se suspend ;
Pendant que, chérissant ta faute primitive, Tu veux chercher encor, virginale ou lascive, Dans le membre viril l’image du serpent.