French poem
Pour la même
by Isaac de Benserade (1613–1691)
Sans vous tâter le poulx, et sans voir au bassin, Ingrate, je sçay trop ce qui vous rend malade ; Le quinquina pour vous, est un remède fade ; Je connois vôtre fièvre, et vôtre médecin.
Vous luy pardonnerez, fût-il vôtre assassin ; Mais vous ne voulez pas qu’on se le persuade, Et quand il vous dérobe un soupir, une œillade, Vous êtes la première à cacher son larcin.
C’est luy qui cause en vous une langueur secrète, Vainement avec moy vous faites la discrète ; Mais sur cette langueur, que ne suis-je en repos ?
Que m’importe, que tel ou tel y remédie, Pourquoy m’embarrasser icy mal à propos Et de la médecine, et de la maladie ?