Versos French Isaac de Benserade Pour les filles de la Reine (2)

French poem

Pour les filles de la Reine (2)

by (1613–1691)

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La Porte a pour son partage De l’esprit, de la beauté, Avec un peu de fierté ; Elle est modeste, elle est sage ; Tout fléchit dessous ses loix : Si mon cœur étoit volage, Je croy que je l’aimerois.

Foulloux, sans songer à plaire, Plaist pourtant infiniment Par un air libre et charmant ; C’est un dessein téméraire Que d’attaquer sa rigueur : Si j’eusse esté sans affaire. Je croy qu’elle auroit mon cœur.

Vostre douceur est extrême, Boneüil, il faut avoüer Qu’on ne la peut trop loüer ; Vostre mérite est de même : Et l’on doit être assuré Que, sans une autre que j’aime, Pour vous j’aurois soupiré.

Neuillan, qui peut se défendre De languir pour vos appas ? Mais qui peut n’en mourir pas ? Tous les cœurs s’y viennent rendre Et s’y veulent engager ; Mais un autre m’a sçû prendre, Et je ne sçaurois changer.

Toute la cour est éprise De ces attraits précieux, Dont vous enchantez nos yeux, Maneville ; ma franchise S’y devroit bien engager : Mais mon cœur est place prise, Et vous n’y sçauriez loger.

Enfin mon cœur ne peut faire Telles infidélitez En faveur de vos beautez : L’objet seul qui m’a sçû plaire, Est un objet de renom, Que j’avois dessein de taire ; Mais le moyen ? c’est Gourdon.