French poem
Ganymède
by Iwan Gilkin (1858–1924)
Comme le bel enfant marchait nu, rose et leste Dans les champs violets et verts d’iris en fleurs, Un aigle impétueux de la voûte céleste Fond jusqu’à ses yeux bleus, qui se mouillent de pleurs.
Cher jeune homme, dit-il, tes chairs éblouissantes Ont enflammé d’amour les Désirs dévorants. Viens ! je t’enlèverai dans mes serres puissantes ! Viens ! je t’emporterai dans les cieux fulgurants !
Ne crains pas, doux ami, l’orage de mes ailes Qu’habitent l’ouragan, la nuée et l’éclair ; Je t’élève au plus haut des sphères éternelles, Où les dieux souriants rayonnent dans l’éther.
Au séjour lumineux des formes idéales Assieds-toi, dieu nouveau, dans ta gloire exalté, Et répands à jamais sur les âmes royales Mon grand rêve éperdu d’amour et de beauté !