French poem
Femina
by Iwan Gilkin (1858–1924)
Toujours sorcière, ô femme, et rusée à l’appeau Des seins frais et des yeux attirants comme un phare, Princesse que nul viol inéprouvé n’effare, Courtisane fardant d’amour sa grasse peau,
Sous le brocart du luxe ou l’ignoble oripeau Ta chair terrible change en animaux immondes Jusqu’aux enfants divins qu’espèrent les vieux mondes Et les mêle en riant aux porcs de ton troupeau.
Que t’importe qu’ils aient sucé la mandragore, Si leurs yeux méprisants ne proclament encore Qu’ils ont lu dans tes yeux ta bestialité ?
Qui ne démasque en Toi la brute redoutable Qui tend un groin goulu vers sa virilité, Ira manger, Circé ! la fange en ton étable.