Versos French Iwan Gilkin Esthètes

French poem

Esthètes

by (1858–1924)

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Ô peuples vieillissants ! nous mourons d’esthétique. L’art supplante la vie en nos cœurs épuisés Et nous ne trouvons plus dans l’ardeur des baisers Que le rappel savant d’un rêve poétique.

L’air frais ne gonfle plus notre poitrine étique : Il nous faut respirer des parfums composés Et le stérile effort de nos cerveaux usés Délire vaguement dans un brouillard mystique.

Tout, sentir et penser, est artificiel Pour l’esprit affaibli qu’un mal essentiel Frappe incurablement de dégénérescence.

Mais, sans même y songer, nous rampons à genoux Aux rayons du grand art chauffant notre impuissance : Il a vécu pour nous ! Il a rêvé pour nous !