French poem
Le Joueur de cor
by Iwan Gilkin (1858–1924)
Le vitrail, on dirait la peau d’un raisin d’or. Un soleil automnal mûrit les draperies, Rouillant les cuirs gaufrés et les tapisseries Où de fauves forêts s’ouvrent comme un décor.
Devant un lourd tapis chargé d’orfèvreries, Un rose adolescent cuivre un appel de cor Où des chasses d’antan l’hallali sonne encor Dans le silence épais des étoffes fleuries.
Le son clair et magique ira-t-il éveiller Un chevreuil imprévu sous le fuyant hallier Étrangement tissu dans la haute tenture ?
Des choses d’autrefois c’est l’âme qui murmure ; — Des choses d’autrefois et des anciens châteaux Et des aïeux lointains qui dorment dans nos os.