French poem
Proverbes Arabes
by Jean Aicard
Vous souhaitez toujours demain? Vous avez tort: Demain est proche, et c’est le jour de votre mort.
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Veux-tu blesser celui qui blesse avec l’injure? Dédaigne avec excès l’insulteur sans mesure.
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En avant, un cheveu la mène! Mais son recul casse une chaîne.
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On est illustre et révéré Avec un burnous déchiré.
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Je pense qu’il est insensé De vouloir présent le passé!
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Ta vie est moins qu’un grain de sable dans l’espace! Tu crois avoir cent ans à vivre... As-tu ce jour? Tu n’as vraiment à toi que le moment qui passe, Et déjà ce moment est passé sans retour.
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Songe aux repentirs, songe aux lendemains Où tes yeux verront ce qu’ont fait tes mains!
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Le pauvre ne connaît aucune Des misères de la fortune.
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La bienfaisance, amour du sage, Est douce avec un beau visage.
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Un gredin m’ayant insulté, Je me suis, moi, félicité.
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Je ne l’aimais point tel qu’il est; J’en ai vu d’autres: il me plaît,
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Tu souffres? espère en ton cœur: La peine est la clef du bonheur.
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La patience, grande chose! Il ne pleut pas? eh bien, arrose.
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Salomon n’a plus de femmes ni d’or... Le soleil se lève et se couche encor.
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Les fourmis, quand se perdent-elles? Lorsque Dieu leur donne des ailes.
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Si ma bonne action m’est imputée à faute, On me reprochera de marcher tête haute.
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Tu peux sans t’absenter me quitter tout à l’heure: Tu restes dans mes yeux, mon cœur est ta demeure.
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Il promet trop:--son langage Ressemble à du vent... en cage!
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Ils sont venus, les temps meilleurs... J’ai regretté le jour des pleurs.
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La pauvreté travaille, elle est féconde; L’aiguille est nue: elle habille le monde.
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Pauvre mâle! il cède aux femelles: Toutes les fois qu’il vole on lui rogne les ailes.
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Demain la mort viendra nous prendre; On t’a prêté la vie, il faut la rendre.
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En toi-même n’as-tu pas foi? Prends une corde, étrangle-toi.
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Un nom déshonoré, c’est une tache sombre. Un nom obscur, mais pur, est glorieux dans l’ombre.
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Tu ne seras vraiment charitable et pieux Qu’après avoir donné ce qui te plaît le mieux.
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La caravane, au jour, se réjouit Du chemin fait durant la nuit.
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Aux nuages aériens Qu’importe l’aboîment des chiens?
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Cours, Asmah, car le coureur Sent courir la joie au cœur!
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Mettre l’épée au vent, c’est, fût-on le vainqueur, Lui donner pour fourreau demain son propre cœur.
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Ton cœur te l’a dit quand tu te trompais: Laisse là le trouble et choisis la paix.
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Poète, parle à tous avec force et douceur, Et, ni juge ni roi, sois un avertisseur.