French poem
« Desires-tu sçavoir à quoy je parangonne »
by Jean-Baptiste Chassignet (1571–1635)
Desires-tu scavoir à quoy je parangonne Le fuseau de tes ans ? Au saon blanchissant Soufflé par un tuyau de paille jaunissant, Dont un fol enfancon ses compagnons estonne :
En son lustre plus beau sa gloire l’abandonne, Au moindre choc de lair, fragile, se froissant : Ainsi devers le soir va la fleur ternissant, Qui, sur le point du jour vermeillement fleuronne.
L’ombre est tantost icy, et puis soudainement Elle s’evanouit, ainsi legerement S’enfuit la vie humaine inconstante, & volage :
Aveugle, cependant, sur tes jours passagers Tu fondes ton espoir, qui passent plus legers Que ne fait le saon, ny la fleur, ny l’ombrage.
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