French poem
« Nostre vie est semblable à la lampe enfumee »
by Jean-Baptiste Chassignet (1571–1635)
Notre vie est semblable à la lampe enfumee, Aux uns le vent la fait couler soudainement, Aux autres il l'esteint d'un subit soufflement Quand elle est seulement à demi allumee ;
Aux autres elle luit jusqu'au bout consumee, Mais en fin sa clarté cause son bruslement, Plus longuement elle art, plus se va consumant, Et sa faible lueur ressemble à sa fumee ;
Mesme son dernier feu, est son dernier cotton Et sa derniere humeur, que le trespas glouton Par divers intervalle ou tost, ou tard consume :
Ainsi naistre & mourir aus hommes ce n'est qu'un, Et le flambeau vital, qui tout le monde allume, Ou plustost ou plus tard, s'esloigne d'un chacun.
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