French poem
Cabotin
by Jean Lorrain (1855–1906)
La gloire ? On le saura. La réclame ? Peut-être.
Ses cris, ses rauquements, ses grands yeux de métal Bilieux, ses cheveux noirs mangeant un front brutal Et bas, l’ont fait un soir son poète et son maître.
Il a les éditeurs, les journaux, le bien-être. Une Juive au bras grêle embaumant le santal, Songe, esclave, à ses pieds de prince oriental Et dit pour lui le chant d’Attila son ancêtre.
Pourtant Jokan est triste et maudit son destin Dans Paris, sa conquête, où, beau comme Panthée, Il est le Dieu du soir et l’homme du matin ;
Car au fond de son âme il se sent cabotin, Toujours, comme jadis, quand au quartier latin Sur sa porte au sixième il écrivait Sur sa porte au sixième il écrivait« Athée. »