French poem
Discours
by Jean Moréas
Du barat d’or affronteur, Son diffame l’un apprête ; Et de laurier imposteur, Que l’hiver outrageux guette, L’autre couronne sa tête. De brigue point n’ai souci, Ou de menteur faste, si, Mon pouce, alerte tu mêles Dessus les cordes jumelles, Narguant envie et tous sots, Les parlantes philomèles Au susurre des ruisseaux.
Ô qui, sur le double mont, D’un miel attique la coupe Levez, dont la voix semond Les buccins à riche houppe, Nymphes, gracieuse troupe, À l’ignorant mal-appris, Qui clos tenez vos pourpris, Mon heureuse fureur-née Sous vos lois fut ordonnée Vers les assurés travaux, Comme d’un frein est menée L’ardeur des jeunes chevaux.
Aganippides, aux doux Airs, dont la harpe se vante, Nouvelle encore, par vous Mon âme se sut savante ; Pour que, maintenant, j’invente Un art bien élaboré Et du vulgaire abhorré. C’est votre haleine fertile, Sacrant ma bouche inutile, Qui fait qu’indigne je sais, De gentil son et haut style, Hausser le Nombre Français.