French poem
Je suis le guerrier qui taille
by Jean Moréas
Je suis le guerrier qui taille À grands coups d’épée dans la bataille : Son œil est clair et son bras prompt à férir. Hélas, il va mourir : Car sous la dure maille Par un trou hideux goutte à goutte Fuit tout son sang et sa vie toute.
Je suis le pauvre chevalier qui vendit son âme Au diable — honte et diffame — Pour de l’or pipé sitôt.
Vous qui semblable à la Vierge Marie M’êtes apparue, ô Dame au cœur haut, Dame à l’âme fleurie, Du toucher de votre main pure Guérissez ma blessure. Et que vos doux yeux Me rachètent les cieux.