French poem
Le burg immémorial
by Jean Moréas
Le Burg immémorial, de ses meurtrières Semble darder un œil dur sur les temps mal-nés, Et de ses porches les silences obstinés Recèlent les serments gardés et les prières.
Au jardin de la Fée où les échos sont tus Du prime éveil qui se résorbe en l’immuable ; Baume, elle, contre la vie irrémédiable, S’ouvre la Fleur dispensatrice des Vertus.
Et c’est ici le beau Palais de la Huée Où dansent les Coulpes en toquet de grelots. — Tel le Burg, gésir d’austère silence clos ; Fleurir en soi, telle la Fleur insexuée.