French poem
Une jeune fille parle
by Jean Moréas
Les fenouils m’ont dit : Il t’aime si Follement qu’il est à ta merci ; Pour son revenir va t’apprêter. — Les fenouils ne savent que flatter ! Dieu, ait pitié de mon âme !
Les pâquerettes m’ont dit : Pourquoi Avoir remis ta foi dans sa foi. Son cœur est tanné comme un soudard. — Pâquerettes vous parlez trop tard ! Dieu, ait pitié de mon âme !
Les sauges m’ont dit : Ne l’attends pas, Il s’est endormi dans d’autres bras. — Ô sauges, tristes sauges, je veux Vous tresser toutes dans mes cheveux. Dieu, ait pitié de mon âme !