French poem
Viii
by Jean Moréas
Ne ternis pas de pleurs les mystiques prunelles De tes grands yeux navrés, striés d’or et d’agate; Laisse là t’emporter la berceuse frégate, Par les immensités des vagues solennelles.
Triste, je rêverai, pendant mes nuits moroses, De baisers alanguis et de caresses brusques, De nids capitonnés où des coupes étrusques S’exhalent les ennuis des chlorotiques roses.
Et l’absence irritant le désir qu’elle rive, Ma passion tenace où le souvenir veille Montera dans mon cœur, débordante et pareille Aux fluviales eaux qui grondent sur la rive.