French poem
La Mort impossible
by Jean Richepin (1849–1926)
Bah ! Se tuer ! Et puis ? Soit, si l’on détruisait Quelque chose. Mais prendre une attitude altière Pour disjoindre un moment quelques grains de matière, C’est là métier de dupe et jeu de marmouset.
Car ces atomes joints dont on se composait Se retrouvent ailleurs avec leur force entière. Tout rentre en tout. Ton sein n’est pas un cimetière, Ô Nature, mais bien un éternel creuset.
Les Soleils primitifs aux ardeurs fabuleuses Qui, tout gonflés du sang fumeux des Nébuleuses, Dispersent dans l’espace en paquets rayonnants
Leurs gouttes de semence où vont germer les Mondes, Eux-mêmes ils ne sont que d’ignobles Onans Qui doivent ravaler un jour leurs jets immondes.