French poem
19 (L’aimable ciel d’été n’est pas toujours…)
by Joseph Autran (1813–1877)
L’aimable ciel d’été n’est pas toujours en fêtes. L’orage, cette nuit, a plané sur nos têtes : Sur les sommets voisins la foudre parlait haut ; La pluie, à flots bruyants, ruisselait des nuées. Temps farouche. Nos murs, nos portes remuées Cédaient aux éléments qui leur livraient assaut.
Voici qu’autour de nous la paix est revenue : Le souille d’une brise a replié la nue ; Dans un ciel frais et clair le matin s’est levé. Sortons, ô mon amie ! allons sur la terrasse Voir les prés reverdis, la forêt, tout l’espace Briller comme un tableau que l’éponge a lavé.
Regarde : les oiseaux mouillés lustrent leurs ailes, Mille gouttes aux fleurs pendent en étincelles ; Le vallon se dilate au rayon du beau jour ; L’insecte aux ailes d’or fait le tour de ses roses… C’est le tressaillement, c’est le réveil des choses, C’est l’aube d’un cœur sombre où se lève l’amour !
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