Versos French Jules Verne À la morphine

French poem

À la morphine

by (1828–1905)

Listen in the reader

Prends, s’il le faut, docteur, les ailes de Mercure Pour m’apporter plus tôt ton baume précieux ! Le moment est venu de faire la piqûre Qui, de ce lit d’enfer, m’enlève vers les cieux.

Merci, docteur, merci ! qu’importe que la cure Maintenant se prolonge en des jours ennuyeux ! Le divin baume est là, si divin qu’Épicure Aurait dû l’inventer pour l’usage des Dieux !

Je le sens qui circule en moi, qui me pénètre ! De l’esprit et du corps ineffable bien-être, c’est le calme absolu dans la sérénité.

Ah ! perce-moi cent fois de ton aiguille fine Et je te bénirai cent fois, Sainte Morphine, Dont Esculape eût fait une Divinité.