French poem
La Mort
by Jules Verne (1828–1905)
Dans ce pauvre village où la vie est amère, Le triste champ de mort, à l’aspect maladif, Vient étaler les pleurs du cyprès et de l’if À l’âme du passant qui pâlit et se serre !
Là, point de ces tombeaux, au chapiteau plaintif, Où des riches s’endort la gloire mensongère, Mais de fragiles croix, indice si naïf De l’endroit où du pauvre a fini la misère !
À la ville où toujours pétille le plaisir, Où l’abondance obvie au plus simple désir, La mort n’est certes pas la fin d’un esclavage !
Mais au triste village, où gît l’accablement, Oh ! la mort ne saurait venir trop promptement !… Et pourtant à la ville, on meurt comme au village !