French poem
La Lune
by Jules Verne (1828–1905)
Bien des gens en ce monde ont une humeur byzarre, Et dont on cherche en vain la cause et le secret ; Sans qu’on sache pourquoi, leur esprit douceret En un instant hargneux, coléreux se déclare ;
L’un défend une chose, et puis il la permet ; L’autre Anglais le matin, le soir se fait Tartare L’un à l’esprit posé devient brouillon, distrait, L’autre, grand orateur, est muet à la barre ;
L’un change d’habitude aussitôt déjeûner ; Et l’autre pour le faire attend après dîner ; Avare, celui-ci prodigue sa fortune ;
L’un progressiste à fond tourne aux conservateurs ; D’où viennent les reflux et flux de ces humeurs ? Comme ceux de la mer, n’est-ce pas de la lune ?