Versos French Jules Verne Le Cabinet du 29 octobre

French poem

Le Cabinet du 29 octobre

by (1828–1905)

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Un citoyen disait tout triste : La France marche aux attentats ! Qui s’en ferait l’apologiste, Peindrait un bagne de forçats ! Mais que le cabinet on peigne Ainsi par imitation Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Pourtant notre France oublieuse De sa puissance d’autrefois, Ne se montre plus envieuse Au dehors d’imposer ses lois ! — Mais que l’ennemi la contraigne ; À céder sa possession, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Les places d’honneurs et de gloire Ne sont point au plus diligent ! Et l’on circonvient la victoire Dans quelques sacs d’or et d’argent ! — Que le mauvais richard se saigne Pour obtenir l’élection, Qu’importe ? Le cabinet règne ! En avant la corruption.

À chaque moment on dénonce, Des vols, injustices, forfaits ! Le pouvoir pour toute réponse, Sur eux tient fermés les volets ! — Qu’ainsi la lumière il éteigne, Et sa participation, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Il est certain que pour la presse Luit l’heure de la liberté ! Le journal l’écrase sans cesse Et n’a pas peur d’être arrêté ! — En l’arrêtant ! tout bas qu’il craigne Une juste accusation, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Mais pour apaiser la tempête, Que le ministère entêté N’ordonne-t-il la moindre enquête, Pour mettre au jour la vérité ? — Mais s’il craint qu’elle ne l’atteigne, Jusqu’en sa prostitution, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Si la lumière ne se montre Avant qu’il ne vienne à crouler, Tombé, qu’un jour on le rencontre, Nous lui montrerons à voler ! — Pourvu qu’on épargne l’enseigne Jusques à sa démission, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Afin de prolonger sa vie, Il doubla sa mauvaise foi ! La France est à jamais trahie ! Son trône ne vaut plus un roi ! — Que de scélérats il se ceigne Pour fuir la condamnation, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption.

Mais ces trois procès de finance, Ne les a-t-il donc poursuivis Que parce qu’il savait d’avance Qu’il n’y serait pas compromis ? — S’il désire qu’on lui dépeigne Sa future punition, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Du roi méprisable parole, Le ministère encor longtemps, Du pays fera-t-il l’école Du mensonge et des faux fuyants ? — Qu’il faille pour l’honneur, qu’il daigne, Faire prompte abdication, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Si le roi tient à cet organe, Pour longtemps il est cimenté ! Le roi vient de sauter sa canne, Symbole de longévité ! — À fin de vivre, s’il dédaigne De la France l’opinion, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Pour mieux cacher son injustice, Pour mieux déguiser sa noirceur, Si l’on en croit son frontispice, Il est d’une entière blancheur ! — Mais que par malheur il déteigne, Lorsque pleut l’imprécation, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la corruption !

Mais la France marche au naufrage, Sous ce ministère brigand ! On étouffe la voix du sage, Sans jamais relever son gant ! — Ah ! bah ! que la France se plaigne, En voyant sa submersion, Qu’importe ! le cabinet règne ! En avant la Corruption !