Versos French Jules Verne Le Coq

French poem

Le Coq

by (1828–1905)

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C’est environ à trois cent vingt cinq pieds. Un vieux nid dont les petits sont épiés Par l’œil perçant de quelque oiseau de proie S’épanouit aux brises de suroïe, — Peut-être même à trois cent trente pieds.

L’oiseau de proie, — un émouchet, sans doute, — A vu le nid car il change de route. Puis, tout autour, le vorace larron Commence par décrire un vaste rond… Oui ! Oui ! C’est bien un émouchet, nul doute.

Quant aux petits, eux, ce sont des choucas. Leurs père et mère, en quête d’un repas, Trop loin déjà ne peuvent les entendre Ni revenir à temps pour les défendre. Ils sont là six ou sept petits choucas.

L’émouchet donne un rapide coup d’aile Vers cette proie, il se rapproche d’elle Et de son vol l’orbe se rétrécit. Le bec ouvert, la serre ouverte aussi, Il fond enfin d’un rapide coup d’aile.

Soudain, d’en bas, on entend comme un choc. Le nid est-il brisé ? Non ! Le vieux coq, Pris par le vent, tournant de queue en tête A durement frappé du bec la bête Qui n’a pas pu se garer de ce choc.

Et l’émouchet, cassé de l’aile droite, Est rejeté loin du nid qu’il convoite, Il tombe et s’est aussitôt achevé En se brisant en bas sur le pavé, Car il était cassé de l’aile droite.

Où les choucas avaient-ils donc leur nid ? Là-haut, tout droit vers le zénith Où va pointant la flèche magistrale Qui montre au loin la vieille cathédrale… Oui, c’est là-haut qu’ils ont juché leur nid.

Entre les bras de la croix que domine Le coq de cuivre, à la superbe mine, Sur ses ergots perchés, le bec ouvert Aux rudes vents, l'été comme l’hiver, Depuis mille ans, c'est là qu'il domine !

C'est environ à trois cent vingt cinq pieds Qu'il veille ainsi, gardant les nids épiés, Sur les choucas, compagnons ordinaires De ce vieux coq, comme lui centenaires, — Peut-être même à trois cent trente pieds.