French poem
À Mademoiselle M. J. D
by Leconte de Lisle (1818–1894)
Toi, dont l’âme est à peine éclose, Ô chère petite aux doux yeux, Et dont la lèvre fine et rose Gazouille un rire harmonieux ;
Dont les larmes vite apaisées, Sur ta joue au pâle contour, Tarissent comme les rosées Que boit le rayon d’or du jour ;
Et qui, le soir, paisible et frêle, Te couches dans ton bleu berceau Où tu t’endors, repliant l’aile, Comme ferait un jeune oiseau ;
Sous ta paupière mi-fermée Étincelle un rêve fleuri, Et ton haleine parfumée Sort d’un cœur où rien n’est tari.
Je t’aime et t’admire, ô jeune âme, Ô coupe qui n’as point de fiel, Blonde enfant qui deviendras femme, Pauvre ange qui perdras ton ciel !