Versos French Léon Dierx Au jardin

French poem

Au jardin

by (1838–1912)

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Le soir fait palpiter plus mollement les plantes Autour d’un groupe assis de femmes indolentes Dont les robes, ainsi que d’amples floraisons, D’une blanche harmonie argentent les gazons. Une ombre par degrés baigne ces formes vagues : Et sur les bracelets, les colliers et les bagues Qui chargent les poignets, les poitrines, les doigts, Avec le luxe lourd des femmes d’autrefois, Du haut d’un ciel profond d’azur pâle et sans voiles L’étoile qui s’allume, allume mille étoiles. Le jet d’eau dans la vasque au murmure discret Retombe en brouillard fin sur les bords ; l’on dirait Qu’arrêtant les rumeurs de la ville au passage Les arbres agrandis rapprochent leur feuillage. Pour recueillir l’écho d’une mer qui s’endort Très loin, au fond d’un golfe où fut jadis un port. Elles ont alangui leurs regards et leurs poses Au silence divin qui les unit aux choses. Et qui fait, sur leur sein qu’il gonfle, par moment Passer un fraternel et doux frémissement. Chacune dans son cœur laisse en un rêve tendre La candeur et la nuit par souffles lents descendre ; Et toutes respirant ensemble dans l’air bleu La jeune âme des fleurs dont il leur reste un peu, Exhalent en retour leurs âmes confondues Dans des parfums où vit l’âme des fleurs perdues.