French poem
Chemins des ruines
by Léon Dierx (1838–1912)
Quand Vénus au reflet d’opale Brillera de loin sur nos fronts, Quand viendra l’heure, nous irons, Comme au hasard, dans le soir pâle.
Je marcherai dans les sillons, Tu t’en viendras par la prairie ; Moi, sous un vol impur qui crie, Toi, sous l’essaim des papillons.
Tu suivras le sentier qui chante, Au crépuscule doucement ; Je longerai le bois dormant Où flotte une âme frissonnante.
Ensemble, par les deux versants. Nous monterons sur la colline, Moi, déchiré par chaque épine, Et toi parmi les vers luisants.
Et dans les ogives béantes Sur la transparence du soir En même temps nous pourrons voir Surgir nos têtes souriantes !