French poem
L’Heure
by Louis Duchosal (1862–1901)
Si j’avais dans ma vie une heure, une seule heure. Où ce cœur, gémissant d’un souffle qui l’effleure, Eût joui d’un plaisir — si fugace fût-il, Pour ce furtif instant, pour cette brève joie, Je reprendrais, moins triste et plus vaillant, ma voie, Et, puisant de l’espoir en ce bon souvenir, Je dirais à mon cœur : « Sois fort, tout va finir ! » Mais j’interroge en vain l’horreur de ma mémoire. À chaque page, au livre amer de mon histoire. Un mot s’épanouit comme une rouge fleur : Malheur ! — et puis Malheur ! — et puis encor Malheur !