French poem
La Louisianaise
by Louis Fréchette (1839–1908)
Je sais une rive sereine Qui, sur un frais lit de roseaux, S’endort au chant de la sirène, Et s’éveille au chant des oiseaux. Pays de douce nonchalance, Où le hamac toujours balance A l’ombre des verts bananiers, Son heureuse indolence Aux souffles printaniers !
Je sais une ville rieuse, Aux enivrements infinis, Qui, fantasque et mystérieuse, Règne sur ces climats bénis ; Ville où l’orange et la grenade Parfument chaque promenade ; Où, tous les soirs, les amoureux Chantent la sérénade Sous des balcons heureux.
Je sais une femme divine, Au teint pâle, aux yeux auditions, Si belle que chacun devine Que le ciel même en soit jaloux : C’est la brune Louisianaise, Dont la splendeur brille à son aise Dans cet éternel messidor : Toile de Véronèse Dans un beau cadre d’or !