French poem
Les Milles-Isles
by Louis Fréchette (1839–1908)
Massifs harmonieux, édens des flots tranquilles, D’oasis aux fleurs d’or innombrables réseaux, Que la vague caresse et que les blonds roseaux Encadrent du fouillis de leurs tiges mobiles !
Bosquets que l’onde berce au doux chant des oiseaux, Des zéphyrs et des nids pittoresques asiles, Mystérieux et frais labyrinthe, Mille-Isles ! Chapelet d’émeraude égrené sur les eaux.
Quand, la première fois, je vis, sous vos ombrages, Les magiques reflets de vos brillants mirages, Un chaud soleil de juin dorait vos verts abris ;
D’enivrantes senteurs semblaient monter des grèves ; Et je crus entrevoir ce beau pays des rêves Où la sylphide joue avec les colibris !