Versos French Louisa Siefert Bonheur

French poem

Bonheur

by (1845–1877)

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Été vertigineux, négation des pleurs, Nuits blanches, soirs dorés, aubes resplendissantes, Épanouissement d’étoiles & de fleurs, Ivresse magnétique aux effluves puissantes : Été vertigineux, négation des pleurs !

La nature aujourd’hui rit de son large rire Et la vibration en émeut les forêts. D’un trait d’or le soleil au zénith vient l’écrire, La joie en a couru des vignes aux guérets : La nature aujourd’hui rit de son large rire.

Notre faiblesse est grande à porter le bonheur, Le vent n’est pas si fort que cette douce haleine. Cependant que la terre exaltait le Seigneur, Mon âme a débordé comme une coupe pleine. Notre faiblesse est grande à porter le bonheur.

Nous n’avons plus la foi de l’heure inespérée. Sur ma lèvre tremblaient les mots du paradis, Ceux par qui le ciel s’ouvre à l’extase sacrée. Ces mots que je savais, je ne les ai pas dits. Nous n’avons plus la foi de l’heure inespérée.

Le cœur énervé cède à la fatalité. Quand vient l’amour avec le bonheur pour amorce, Nous le regardons fuir d’un œil désenchanté, Nous demeurons passifs, nous n’avons pas la force. Le cœur énervé cède à la fatalité.