French poem
Floréal
by Louisa Siefert (1845–1877)
Toutes les bêtes se marient, Floréal, le doux mois, est né. Le jour s’est fait, l’heure a sonné : Amoureux, les cieux vous sourient.
Plus de rameaux ou noirs ou nus, Plus une feuille desséchée ; Chaque arbre porte sa nichée ; Les rossignols sont revenus.
Plus de nuit & plus de silence ; Partout des rayons & des chants. Le cœur ne croit plus aux méchants, L’âme aux bleus horizons s’élance.
Et la fleur qui vient de s’ouvrir, Et l’aurore qui vient de naître, Tout crie à l’amour : Ô grand Maître, Fais-moi vivre & fais-moi mourir !
Le souvenir lassé s’oublie En des rêves purs & charmants, Et la langueur des flots dormants Attendrit la mélancolie.
— Ainsi tu veux & tu voulus, Amour, toi dont les printemps sèment Le germe au cœur de ceux qui s’aiment Et de ceux-là qui n’aimaient plus !