French poem
Fructidor
by Louisa Siefert (1845–1877)
Les grands bateaux se suivent sur le fleuve, Du paysan allant à l’ouvrier, Comme un salut du travail à l’épreuve, Comme un appel de la glèbe au chantier.
Pour réjouir l’étroite chambre obscure Du chaud reflet de leurs lointains rayons, Chaque verger a donné sa parure Et chaque champ l’orgueil de ses sillons.
Le pur froment & les pêches vermeilles Se sont unis dans le commun trésor Aux blonds raisins, fruit précoce des treilles Où longuement s’attarde Fructidor.
Dans la nuit sombre & grosse de révoltes, Lents messagers des espoirs éternels, Au fil de l’eau, ployant sous les récoltes, Les grands bateaux descendent fraternels,