French poem
II (C’est horrible. La terre crie…)
by Louisa Siefert (1845–1877)
C’est horrible. La terre crie, Ainsi qu’un pressoir trop chargé ; Le cellier devient boucherie, Et le vin en sang est changé.
Par les âmes des morts qui passent, On dirait le ciel obscurci ; Ces vents qui d’un frisson nous glacent, Ont apporté leur râle ici.
Partout les villes bombardées Fument dans la rougeur des soirs ; Plaines, forêts sont débordées De soldats blonds, de chasseurs noirs.
La cuve est pleine, elle est immense. Le ferment bout avec fureur. — Ne viendras-tu pas voir, ô France, Les vendanges de l’empereur ?