French poem
Je ne puis feuilleter mes livres
by Louisa Siefert (1845–1877)
Je ne puis feuilleter mes livres, mon trésor, Sans qu’aussitôt des vers vibrent dans mon oreille : Tel, par le renouveau dont l’aube s’émerveille, Aux chants de ses aînés l’oiseau prend son essor.
Ce n’est qu’un loriot, peut-être moins encor, Dont ainsi l’aile s’ouvre & la voix se réveille, Mais, artiste naïf à ferveur non-pareille, Pour lui sa note unique est comme un timbre d’or.
— Vous en qui je retrouve & ma vie & mon âme, Qui prêtez à mon rêve un peu de votre flamme, Et vos chants à ma voix, ô poètes aimés ! Entre mes faibles mains que vos pages demeurent : L’amour y tient mes vœux les plus chers enfermés, Et l’espoir m’y sourit & mes regrets y meurent.