French poem
Prairial
by Louisa Siefert (1845–1877)
La senteur des foins mûrs enivrait les vallées ; Mille insectes bruyants aux ailes affolées Sur les fleurs voletaient ; Et, dans la joie intense où tous étaient poëtes, Scandant leur hymne saint de rumeurs inquiètes, À la fois ils chantaient.
Tout était plénitude & tout exubérance : Les plus audacieux défis à la souffrance Vibraient aux monts déserts. L’herbe avait des fiertés, l’arbre des énergies : C’était dans les couleurs d’éclatantes orgies, Des hourras dans les airs.
Et l’homme sous ses pieds sentant frémir la terre, Déchiffrant d’un coup d’œil le souverain mystère De sa sérénité, S’écriait à son tour avec un geste auguste : — L’harmonie est la loi, le plus grand est le juste, Liberté, liberté !