Versos French Louisa Siefert Promenade d’automne

French poem

Promenade d’automne

by (1845–1877)

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Nous étions en octobre, & les cieux dépouillés Etaient pleins de rayons & d’oiseaux éveillés. Plus tendre qu’un soupir, plus doux qu’une caresse, Le vent tout imprégné de langueur charmeresse Nous soufflait à mi-voix mille songes heureux. Par la ruelle étroite & le sentier pierreux Où les enfants jouaient en chantant, où l’aïeule, Sur le pas de sa porte assise triste & seule, Écoutant ces refrains qu’elle avait désappris, Rêvait de jeune espoir & de printemps fleuris, Nous étions arrivés en haut de la colline. Les horizons, noyés dans la brume opaline Que l’automne répand, fuyaient roses & bleus Comme pour s’en aller aux lointains fabuleux. Avec leur bruit & leurs clameurs inattendues, Immenses toutes deux & toutes deux perdues Dans ces vapeurs où terre & ciel se confondaient, La campagne & la ville à nos pieds s’étendaient. L’oreille en vain cherchait un son, l’œil une forme : Un murmure étouffé sous un nuage énorme, Une aspiration confuse, un nimbe d’or, Près de nous des oiseaux qui gazouillaient encor, Et c’était tout. — Ainsi le passé dans la vie Disparaît, l’aspect change & le rêve dévie. Plus haut que l’idéal, plus loin que le désir, L’âme enfin libre monte &, fière, vient saisir, Par delà les rayons qui voilent sa souffrance, Dans l’immortel amour, l’immortelle espérance.