French poem
Absorption dans l’amour
by Louise Colet (1810–1876)
Comme si ses flancs renfermaient une âme, Le Vésuve au loin gronde sourdement ; Le ciel est zébré de langues de flamme, La cendre jaillit du sommet fumant.
Au pied du volcan la mer fulgurante Mugit sur ses bords et sur ses récifs ; Dans les frais ravins où s’endort Sorrente, Sous les orangers ils restent assis.
C’est le premier jour que la femme aimante A revu celui qu’elle a tant pleuré ; Qu’importe à son cœur la sombre tourmente, Le gouffre béant, le ciel déchiré ?
Ivre de le voir, ivre de l’entendre, Elle reste sourde aux bruits d’alentour ; La mort serait douce à cette âme tendre En la foudroyant aux bras de l’amour.