French poem
Les Bédouins
by Louise Colet (1810–1876)
Errant dans le désert le Bédouin seul est libre ; L’immensité lui forme un abri triomphant. Du fauve qui surgit et du kemsin qui vibre Le formidable effroi l’entoure et le défend.
Là, le Turc fatidique a perdu l’équilibre En trouvant contre lui la brute et l’élément, Tandis qu’à leur contact roidissant chaque fibre, Le Bédouin a conquis son affranchissement.
Il dompte le chacal, et quand le kemsin passe Contre terre il se couche il y colle sa face Et se relève après affermi, souriant.
Puis son cheval l’emporte à l’oasis lointaine Où sa tente est dressée au bord d’une fontaine, Il dort… Et dans un songe il est roi d’Orient.