Versos French Marcel Proust Gluck

French poem

Gluck

by (1871–1922)

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Temple à l'amour, à l'amitié, temple au courage Qu'une marquise a fait élever dans son parc Anglais, où maint amour Watteau bandant son arc Prend des cœurs glorieux pour cibles de sa rage.

Mais l'artiste allemand—qu'elle eût rêvé de Cnide!— Plus grave et plus profond sculpta sans mignardise Les amants et les dieux que tu vois sur la frise: Hercule a son bûcher dans les jardins d'Armide!

Les talons en dansant ne frappent plus l'allée Où la cendre des yeux et du sourire éteints Assourdit nos pas lents et bleuit les lointains; La voix des clavecins s'est tue ou s'est fêlée.

Mais votre cri muet, Admète, Iphigénie, Nous terrifie encore, proféré par un geste Et, fléchi par Orphée ou bravé par Alceste, Le Styx,—sans mâts ni ciel,—où mouilla ton génie.

Gluck aussi comme Alceste a vaincu par l'Amour La mort inévitable aux caprices d'un âge; Il est debout, auguste temple du courage, Sur les ruines du petit temple à l'Amour.